Un etranger au bout du monde 4

Publié le par chuday

 

Mariage chinois

 

 

Samedi 23 mars

 

Une fois de plus c’est Loïc qui me sort de mes rêves. Enfin je suppose car je ne me souviens jamais des histoires que je me raconte dans ma tête la nuit. Bah pas grave, ici c’est un peu un rêve aussi. C’est l’heure de repartir vers Canton mais Loïc veut d’abord nous montrer les Champs-Élysées hongkongais, Nathan Road. Le métro que nous prenons passe sous la mer et nous voilà du côté de Kowloon. Nathan Road ne ressemble en fait pas du tout à la plus belle avenue du monde, je dirais même que c’est une grande rue banale. Mais elle est apparemment très chère, ce qui lui vaut ce statut surestimé. (il faut vraiment la voir de nuit, rien a voir, mais il est clair que notre avenue nationale reste tout de meme l'une des plus belles au monde, voir la plus belle)




 

Je regarde une dernière fois HK et ses buildings, je repense encore une fois à Wanchaï, paradis masculin (ah bon, moi quand j'entend Wanchai je pense plutot au business, n'est ce pas le business center de HK?). Cette ville restera dans ma mémoire comme une ville hors normes, un melting pot dans une ville d’affaires avec de faux airs de vacances… C’est dur à décrire, comme beaucoup de chose que j’ai vécu si loin de vous.

 

Une heure plus tard nous revoici à Shenzhen. Cette fois nous prenons le temps d’aller dans le supermarché du fake. 7 étages consacrés à la contrefaçon ; chaussures, lunettes, bijoux, sacs, appareils électroniques, etc. Tout se trouve, il suffit de ne pas être regardant sur la qualité. Quoique… De toute façon vu les prix qui peuvent être négociés… J’ai d’ailleurs envie de m’acheter une paire de superstars blanches. J’entre dans une des innombrables boutiques, je suis directement repéré (je me trouve dans un magasin d’à peu près 8m² en même temps…). Je regarde, je cherche, je trouve ; voilà ma paire de adidas ! Le vendeur retrouve quelques mots de français parmi les 8 langues qu’il baragouine : « pointure ? pointure ? ». J’ai besoin d’un 44. Du bruit se fait entendre au-dessus du plafond, une dalle s’ouvre, une boîte de chaussures tombe dans les mains de mon vendeur… Situation hallucinante, j’explose de rire !!! Merde ici les boîtes tombent du plafond !!!

J’essaie les godasses, qualité correcte, elles me vont, je suis bien dedans. Le prix ? 580 yuans ! 58 euros pour des fausses adidas ??? Ca va pas non ??? Voilà Loïc et toute son expérience de la négo chinese style qui débarquent. Quelques mots cantonnais et le prix baisse. Ensuite Loïc veut que j’apprenne, que je me débrouille. Seul consigne, si je donne un prix, plus le droit de redescendre. Résultat je commence bien bas, je prend la calculette et écris mon prix : 80 yuans… Le vendeur – et son énorme poireau velu au menton - s’énerve (juste pour faire genre) et me dis que je suis fou !!! Une paire de adidas !!! J’explose de rire, putain mec c’est du fake !!! Ok il descend à 250. Ok je monte à 100. 230 pour lui, 110 pour moi, 200 pour lui, 115 pour moi. Le jeu continue mais je ne suis pas satisfait. Mon coco des magasins y’en a pleins et toi tu veux absolument me les vendre, je sors, je dis que je laisse tomber, il me retiens, j’insiste, je pars dans le couloir, il court, me rattrape, me dit ok pour 140, marché conclu. J’ai négocié mon premier achat en Chine et je suis passé de 58 à 14 euros. Pas mal. N’empêche que le couillon ça restera moi, il s’en tire toujours gagnant. Mais je suis content !

 

On continue notre chemin, Apple veut maintenant des boucles d’oreilles. Et c’est reparti, Loïc ressort son casque et repart au boulot. Quelques phrases prononcées en chinois et ponctuées d’un « sale conne » bien français et voilou Gripsous qui négocie maintenant des centimes d’euros !!! M’enfin ici c’est comme ça que ça marche. Quelques minutes plus tard tout le monde est dans le train avec un grand sourire, qu’est-ce qu’on leur à mis à ces chinois !

 

Arrivée à Canton, c’est le stress, il est 17h et nous avons rendez-vous dans une heure pour le mariage de Kéké, une amie des Sales Cons et accessoirement ex de Greg. Kéké est chinoise et se marie avec le vis consul de l’ambassade d’Italie en Chine. Je m’attends à un beau mariage, une belle cérémonie, de belles tenues traditionnelles ; ça va être bien !!!

 

Loïc et Apple étant à la bourre - enfin Apple étant à la bourre – je pars en solo rejoindre Oliv’. Nous prenons un taxi et allons au Garden Hotel. La réception a lieu à 18h. Les mariés sont devant la salle et saluent tous les invités après que ceux-ci aient écrits un mot sur un grand tissu reposant sur une table. Je fais comme tout le monde, j’écris et j’embrasse. Le marié est un peu bizarre ; les Sales Cons comprendront le message.

 

Je me retrouve assis à une table ronde, quelques amis français avec moi. Apple et Loïc arrivent, s’installent. Ils ont fait péter la tenue de gala, moi je suis en jeans et chemise, putain de vacancier.

 

Chut ça y est ça commence, il est 18h30. Le papa du mari dit quelques mots en anglais, un traducteur reprend en chinois, quelques blagues fusent, vient le tour du papa de Kéké, en chinois cette fois avec une traductrice pour l’anglais, enfin c’est le tour du vis consul (ça pète quand même !). 20 minutes plus tard les mariés commencent le traditionnel karaoké pendant que les plats arrivent. Là c’est un défilé de serveurs qui commencent. Juste derrière mes verres remplis de vin rouge, crémant et cognac – car oui tout est servi en même temps – se trouve un plateau tournant où s’enchaînent cochon, langouste, soupe, viande, boulettes, légumes, poissons, nouilles.

Rien à dire j’ai bien mangé ! Pendant ce temps les mariés – avec Kéké soit en robe rouge, soit en robe jaune, les couleurs de la soirée – font leur tournée des tables en trinquant avec les probablement 150 invités. Nous on ne se fait pas prier, on trinque volontiers ! Voilà comment se passe un mariage chinois, on parle un peu, on mange, on boit… mais le plus étonnant c’est la fin du repas. Une fois le dessert terminé (avec sa soupe de marron un peu dégueu) c’est showtime. Tous les chinois de la salle se lèvent en même temps, se dirigent tous au même endroit, se bousculent, et… partent ! Il est 21h, plus rien à bouffer, c’est la fin du mariage. Je m’attendais à de l’exceptionnel, de la fête, des tenues superbes, un peu comme les mariages arabes, bah non, on arrive, on mange et on repart. Mais nous nous sommes français et en tant que français il est hors de question de laisser des bouteilles pleines. Du coup voilà le retour du gambeï.

 

La suite de la soirée est faite de crémaillère costumée, de bar sans musique (bravo le con qui a niqué les enceintes) et de Velvet. Ah le Velvet, content d’y retourner sobre, histoire de voir à quoi ça ressemble !

 

La nuit s’est terminée très tard, j’ai pris une bonne douche et je me suis couché en inspectant mon lit pour voir s’il n’y avait pas trop de poils dedans. Comprenne qui pourra.(tu m'avais dit avoir fait cette inspection au reveil)

 


Ga & Chuday

 

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Publié dans Cultural Life in China

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O
Et dire que ma boite a ses bureaux a Wanchai... dur dur. La prochaine que tu viens ici Ga, tes pompes tu les as a 7 euros, your target (ton objectif, pour Yannou). Kd tes un con
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C
Bon deja Marie Eva nous savons tous qu'elle a des mains...hhehePour le vice consul, beh ou est le probleme, Ga je comprend pas...
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D
Ga, je ne te connais pas, (je connais juste les tacles de ton hote), mais bravo pour tes talents d'ecrivain. Vivant ici, je serais tente de me dire que bon, tout ca c'est du connu, mais non, c'est tres bien rendu.. sinon, autre question apres celle de Marie-Eva, qquest-ce qu'il a donc de si special le vice-consul ?...
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M
régle number one pour un récit de qualité:<br />  ne pas oublier la petite touche un peu gravleuse, très glamour, à la fin de ce même récit! Ainsi les lecteurs auront envie de poursuivre leur lecture.<br /> ...alors combien de poils?  :-S
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