Un etranger au bout du monde 8
Ga’s China Story : Arrivée à Pékin
Vendredi 30 mars
Le taxi qui me conduit pendant une heure et demie à l’aéroport de Guilin est une belle Ford Mondeo assez luxueuse, je m’endors rapidement sur les sièges en cuir en repensant à ces deux derniers jours fabuleux. Je me rapproche de la fin de mon voyage. Je vais passer cette journée dans les transports et découvrir Pékin, dernière étape de ces 13 jours, capitale immense d’un pays immense, ville des Jeux Olympiques 2008, ville dirigeant le pays d’une main de fer. Toutes les décisions se font à Beijing et tout le pays s’y plie, le Tibet est occupé, Taiwan a peur d’une attaque. Le gouvernement chinois n’est pas un gouvernement très sympathique en fait. Le pays est en pleine croissance mais les inégalités sont de plus en plus marquées et il reste des décisions et des attitudes qui ne sont pas dignes d’une grande nation moderne : les persécutions, les exécutions (les chiffres officiels ne sont pas connus mais Amnesty International parle de 1100 en 2006, au bas mot) ou les menaces de guerre (une offensive sur Taiwan est à redouter). De par son passé d’empire dirigeant une grande partie du monde
Aéroport de Guilin, une heure d’avion, aéroport de Guangzhou, une demie heure de bus (je refais le trajet effectué le jour de mon arrivé, je suis touché parce que c’est la dernière fois), appart de Loïc. Apple est là, elle a ses affaires, tout est prêt, même les passeports. Grosse peur de Loïc, ne surtout pas oublier ça !!! C’est noté sur un papier pour Apple, je reçois un texto me disant qu’il faut penser à les prendre, Loïc appelle pour le rappeler. Je pense que si nous les oublions il nous tue sur place à coup de nems… A peine le temps de prendre un petit déj tardif (des chips) et nous quittons l’appartement de Long Kou Xi Lu. La (double) porte se referme derrière moi, une fois encore je quitte un endroit qui même après quelques jours va me manquer pour toujours.

Apple et moi prenons cette fois un taxi pour retourner à l’aéroport, le bus est trop lent et le timing serré. Une fois là bas, lecture du tableau d’affichage puis on commence à faire la queue. Loïc arrive, en costard, direct du taff, on lui fait croire qu’on a oublié les passeports. Mais le nain est malin et ne tombe pas dans le panneau. Même pas drôle… Passage des douanes, cette fois je n’ai pas de couteau suisse ! Mais gros con que je suis j’ai mes ciseaux pour ongles dans mon sac à dos… Je les sors du sac, je les montre à la douanière bridée, elle me dit que c’est bon et je les range… Bref si je veux je peux détourner l’avion avec mes ciseaux !!! J’hésite…
Solidement installés sur nos sièges nous attendons le décollage pour enfin avoir l’apéritif ! J’en profite pour raconter mes deux jours campagnards, pour montrer mes photos, pour me souvenir. L’avion décolle, dans trois heures nous serons à Beijing. Il ne me reste que trois jours en fait. Aujourd’hui est une journée consacrée aux transports et mardi matin c’est le retour vers

L’avion de Air China atterri - au moins ici pas d’applaudissements à la con – et nous descendons récupérer nos bagages. J’ouvre le mien, sors ma veste, me couvre. A Canton le pull était de trop, à Pékin il fait le même temps qu’en France, soit 10-15 degrés. Et encore aujourd’hui il pleut et ça caille bien. C’est mon premier jour de mauvais temps. Heureusement nous allons encore passer plus d’une heure dans le bus puis il se fera tard, pas de visite prévue !

Le trajet en bus est limite insoutenable, j’en ai marre, il fais moche, y’a plein de monde, des bouchons, je suis serré, je suis fatigué. J’ai vraiment hâte d’arriver. Il est 17h et depuis ce matin 7h j’ai enchaîné 1h30 de taxi, 1h d’avion, 45min de bus, 30min de taxi, 3h d’avion et 1h et quelques de bus. Les premières images de Pékin sont très différentes des premières images de Canton. Je n’ai plus l’impression d’être en Chine, pas de vieux buildings style cage à lapin, peu de devantures de magasin, des grues partout. Enfin le bus arrive, j’en sors avec grand plaisir. Apple, à se grande habitude, à la dalle, nous aussi : nous voulons un Burger King ! Nous marchons à la recherche du premier fast-food américain mais rien. Nous nous rabattons donc sur un fast-food… chinois ! Il suffit de remplacer les hamburgers par des dim sum, nouilles ou autres poulets. Nous cherchons notre table, nous n’en trouvons qu’une avec 2 places. A côté une belle pékinoise occupe seule une table pour quatre. Loïc le fluent en chinois commence à demander si nous pouvons échanger nos tables et, au moment où je veux sortir une insanité sur son physique avantageux, elle répond au nain qu’elle parle français ! Je l’ai échappé belle ! J’ai faillit dire ouvertement à la seule chinoise parlant ma langue à 10km à la ronde que j’avais bien envie de lui mettre une fessée ! Ouf !

Rassasiés après quelques minutes de maniement de baguettes nous repartons à la recherche de l’appartement d’une amie de Loïc qui elle se trouve en Espagne. L’avantage d’être seul dans un autre pays c’est que des liens se nouent entre expatriés. Le besoin de renouer avec ses origines, de parler sa langue natale, de partager des souvenirs de la nation abandonnée fait que des amitiés improbables en France se créent ici. Et c’est bien pratique car je vais passer 4 nuits aux frais de la princesse !
Première galère, retrouver l’appart. Nous tournons en rond, le premier taxi ne trouve pas, j’en profite pour prendre mes premières photos de Beijing, dont celle de ces dizaines de travailleurs en casques de chantier jaunes, noyés dans la foule.





Fin du repas, j’ai encore faim. Ce restaurant est un restaurant un peu chique et franchement, manger dans la rue est largement moins cher, plus nourrissant et loin d’être moins bon. En plus j’ai choisi le vin : un Cabernet Sauvignon… de Californie ! Putain je n’avais pas tout lu !!! Donc bien sûr vous imaginez qu’il n’était pas génial. Viens ensuite la mini tournée des bars, un premier où pour la première fois je vois un couple de gays qui ne se cachent pas – l’homosexualité n’est pas du tout acceptée en Chine – puis un second ou je peux danser dans tous les sens. La soirée se finit une fois de plus dans la matinée, mais il va falloir se lever, the Great Wall is waiting for me !

